La décision d’intégrer une résidence services seniors marque un tournant majeur dans la vie d’une personne âgée et de sa famille. Entre l’anxiété du changement, la peur de l’inadaptation et la culpabilité d’un déracinement, ce choix soulève des questions profondes qui dépassent largement la simple comparaison de brochures commerciales.

Pourtant, la majorité des familles abordent cette recherche avec les mauvais outils. Elles se concentrent sur les critères visibles – la décoration des espaces communs, la liste des activités affichées, le standing apparent – alors que la qualité réelle d’un établissement se révèle dans des signaux bien plus discrets. Ces résidences seniors du Rhône proposent des environnements variés qui nécessitent une grille de lecture affinée.

Ce guide adopte une approche radicalement différente : celle des critères de sélection invisibles. Plutôt que de répéter les informations standardisées disponibles partout, nous révélons les indicateurs terrain que seuls les professionnels du secteur connaissent, les questions contractuelles que les directions préfèrent éviter, et les incompatibilités profil-culture qui génèrent l’insatisfaction à long terme. L’objectif est de transformer une décision subie en choix éclairé et anticipé.

Résidences seniors dans le Rhône : l’essentiel

Choisir une résidence senior exige bien plus qu’une simple visite guidée. Les signaux de qualité réels se cachent dans les micro-interactions entre personnel et résidents, la compatibilité entre votre profil psycho-social et la culture de l’établissement, et l’évolutivité des services sur 5 ans. Dans le Rhône, quatre zones géographiques offrent des options distinctes adaptées à des profils différents : urbain connecté au nord, résidentiel calme à l’ouest, mixte au sud, et pratique à l’est. La clé d’une installation réussie réside dans une transition orchestrée en quatre phases et une anticipation des besoins futurs.

Décoder les signaux de qualité invisibles lors de vos visites

Les plaquettes commerciales présentent toutes les mêmes arguments : restauration sur place, animations variées, sécurité 24h/24. Ces informations, bien que véridiques, ne permettent pas de distinguer un établissement médiocre d’une résidence d’exception. La qualité réelle se mesure à travers des indices subtils que seule une observation méthodique peut révéler.

Les micro-interactions constituent le premier révélateur. Lors de votre visite, observez comment le personnel s’adresse spontanément aux résidents. Utilisent-ils systématiquement le prénom ? Le tutoiement ou le vouvoiement ? Le ton est-il chaleureux ou mécanique ? Une résidence de qualité cultive une relation de proximité respectueuse, jamais infantilisante. Notez également le niveau d’autonomie laissé aux seniors dans les espaces communs : peuvent-ils librement accéder à la cuisine, à la bibliothèque, aux jardins sans surveillance constante ? Un établissement qui infantilise ses résidents trahit une culture d’assistance plutôt que d’accompagnement.

Le taux de satisfaction global témoigne de cette réalité. Les établissements notent en moyenne 3,9/5 sur l’année 2023, un score qui masque des écarts importants entre résidences. Cette moyenne agrégée souligne l’importance d’une évaluation personnalisée au-delà des statistiques générales.

Gros plan sur une main âgée touchant une barre d'appui dans un couloir

Les détails d’aménagement révèlent également le niveau d’attention porté au confort quotidien. Les barres d’appui ne sont pas qu’un équipement réglementaire : leur positionnement ergonomique, leur texture antidérapante et leur intégration esthétique dans le décor témoignent d’une réflexion approfondie sur l’accessibilité.

Les zones de vérité représentent votre second outil d’investigation. Demandez explicitement à visiter les espaces non-scénarisés : la buanderie collective, les locaux techniques, les zones de stockage, les couloirs de service. L’état d’entretien de ces espaces invisibles révèle la rigueur de gestion bien mieux que le hall d’accueil impeccablement décoré. Une résidence qui refuse cette transparence cache généralement des failles importantes.

Le test de la question imprévue permet de mesurer la compétence et l’honnêteté du personnel. Posez une question technique inhabituelle : « Quel est le protocole en cas de panne d’ascenseur pour un résident au 4e étage ? » ou « Comment gérez-vous un conflit persistant entre deux résidents ? ». Une réponse évasive ou une langue de bois signalent un manque de formation ou de transparence. Un personnel compétent répondra avec précision, quitte à reconnaître ne pas connaître la réponse et proposer de se renseigner.

Checklist de visite d’une résidence senior

  1. Observer comment le personnel s’adresse aux résidents et leur niveau de compétence
  2. Vérifier la propreté des sols, murs et meubles ainsi que les odeurs
  3. Demander le ratio personnel/résident pour évaluer la disponibilité
  4. Demander à visiter une chambre et rencontrer des résidents

Les indicateurs sociaux complètent cette grille d’analyse. Observez la diversité des activités spontanées, au-delà du planning officiel affiché. Y a-t-il des résidents qui lisent tranquillement, d’autres qui jouent aux cartes, certains en discussion animée ? Cette variété témoigne d’une vraie vie sociale, pas d’une animation forcée. L’ambiance en salle à manger constitue également un excellent baromètre : les résidents mangent-ils isolés ou forment-ils des tablées conviviales ? Le bruit ambiant traduit-il l’ennui ou la vitalité ?

Faire correspondre profil personnel et culture de résidence

Après avoir appris à décoder la qualité objective d’une résidence, il faut maintenant évaluer sa compatibilité subjective avec la personnalité et le mode de vie du futur résident. L’erreur la plus fréquente consiste à considérer toutes les résidences comme interchangeables, alors qu’elles développent des cultures d’établissement radicalement différentes. Une inadéquation entre le profil du senior et l’ambiance dominante génère insatisfaction, isolement et parfois dépression.

Quatre archétypes de profils seniors émergent avec des besoins distincts. L’actif social recherche une stimulation permanente : animations quotidiennes, sorties culturelles fréquentes, vie communautaire intense. Il s’épanouit dans le mouvement et les échanges. À l’opposé, l’indépendant urbain privilégie l’autonomie tout en appréciant la proximité des commodités culturelles. Il veut pouvoir sortir seul au théâtre, au café, à la bibliothèque municipale, et considère la résidence comme un point d’ancrage sécurisé plutôt qu’un lieu de vie total.

Le contemplatif aspire au calme et au contact avec la nature. Son rythme est lent, ses besoins en stimulation sociale limités. Il préfère jardiner, lire, méditer plutôt que participer aux activités collectives. Enfin, le professionnel à la retraite, souvent ancien cadre ou profession libérale, cultive une certaine exigence intellectuelle. Il recherche des prestations haut de gamme, des conférences culturelles, un environnement raffiné et des échanges de qualité.

Profil senior Environnement idéal Services prioritaires
Actif social Centre-ville dynamique Animations collectives, sorties culturelles
Indépendant urbain Proximité commerces et transports Services à la carte, autonomie préservée
Contemplatif nature Cadre verdoyant, périphérie calme Espaces verts, activités douces
Ancien cadre exigeant Standing élevé, quartier résidentiel Prestations haut de gamme, conférences

Identifier la culture dominante d’une résidence nécessite plusieurs indicateurs croisés. Le ratio entre animations collectives et espaces d’intimité révèle l’orientation : une résidence avec un planning chargé d’activités quotidiennes cible les actifs sociaux, tandis qu’une résidence proposant de vastes bibliothèques, salons de lecture et jardins privatifs attire les contemplatifs. Le positionnement géographique parle également : cœur de ville versus périphérie verte, proximité immédiate des transports en commun ou environnement résidentiel calme.

Groupe de seniors participant à une activité de jardinage collectif

Le jardinage collectif illustre parfaitement cette diversité de profils. Pour certains, il représente une activité sociale structurée avec des moments de partage réguliers. Pour d’autres, il constitue un espace de ressourcement individuel au rythme personnel. Une résidence de qualité sait proposer ces deux approches.

Le standing des prestations et la moyenne d’âge des résidents affinent ce diagnostic. Une résidence où la moyenne d’âge se situe autour de 75-80 ans cultive généralement une ambiance plus dynamique qu’un établissement où elle dépasse 85 ans. Cette réalité générationnelle influe profondément sur la vie sociale. Un témoignage recueilli illustre ce décalage potentiel.

Je suis entrée à 77 ans et ai découvert dès le premier repas que l’âge des résidents se situait entre 90 et 98 ans. Inutile de dire qu’un monde nous sépare

– Témoignage d’une résidente, SilverEco

Pour éviter ce type de mésappariement, posez trois questions de compatibilité systématiques. Premièrement : « Quel est le profil type de vos résidents actuels ? » avec demande de précision sur la tranche d’âge majoritaire et les anciennes professions représentées. Deuxièmement : « Quelle est la proportion de résidents qui participent régulièrement aux activités collectives ? ». Un taux inférieur à 30% signale une résidence à dominante autonome, au-delà de 70% une culture fortement communautaire. Troisièmement : « Y a-t-il des résidents qui vivent de manière très autonome, sortant fréquemment seuls ? ». La réponse révèle le degré de liberté réel.

Le test d’immersion constitue l’outil ultime de validation. Négociez un déjeuner ou une demi-journée d’essai pour observer les affinités naturelles avec les autres résidents. Ces quelques heures révèlent plus que dix visites guidées : trouvez-vous des interlocuteurs avec qui échanger naturellement ? L’ambiance générale vous stimule-t-elle ou vous épuise-t-elle ? Votre intuition première, souvent juste, mérite d’être écoutée.

Cartographier les 4 options du Rhône selon votre ancrage géographique

Une fois le profil défini et les critères de qualité maîtrisés, il devient possible de sélectionner parmi les meilleures options du Rhône celle qui combine adéquation géographique et compatibilité personnelle. Le département offre quatre zones distinctes correspondant à des écosystèmes de vie radicalement différents. Loin de constituer une simple liste d’adresses, cette cartographie analyse chaque territoire selon l’accessibilité familiale, la continuité de vie sociale et la réalité concrète du quartier environnant.

La zone Nord, couvrant Villeurbanne et Caluire, correspond au profil urbain connecté. Ces résidences bénéficient d’une proximité immédiate avec les transports en commun lyonnais (TCL), permettant aux résidents autonomes de prolonger leur participation à la vie culturelle métropolitaine : théâtres, musées, cinémas restent accessibles sans dépendre de la famille. L’environnement urbain dense favorise également le maintien des habitudes pour les seniors anciennement actifs en ville, qui trouvent à proximité immédiate commerces de bouche, pharmacies et services médicaux spécialisés.

L’analyse du quartier révèle cependant des nuances importantes. À Villeurbanne, le tissu associatif particulièrement dynamique offre des opportunités d’engagement citoyen : universités populaires, ateliers municipaux, clubs de lecture. À Caluire, l’ambiance résidentielle plus cossue et la proximité du parc de la Tête d’Or séduisent les profils recherchant un équilibre entre urbanité et espaces verts. La sécurité, préoccupation légitime, varie selon les micro-quartiers : privilégiez les secteurs résidentiels établis plutôt que les zones en reconversion urbaine.

La zone Ouest, englobant Tassin-la-Demi-Lune et Écully, cultive un environnement résidentiel calme prisé des classes moyennes supérieures. Les résidences y développent généralement une atmosphère plus confidentielle, avec des prestations haut de gamme et un standing architectural soigné. Les espaces verts environnants, les parcs paysagers et la faible densité urbaine conviennent parfaitement aux contemplatifs recherchant sérénité et contact avec la nature.

Vue architecturale d'une résidence senior moderne avec jardins thérapeutiques

L’architecture contemporaine de certains établissements récents intègre des jardins thérapeutiques conçus selon les principes de l’hortithérapie : parcours sensoriels, potagers en bacs surélevés accessibles en fauteuil roulant, zones ombragées pour les activités douces. Ces aménagements traduisent une véritable réflexion sur le bien-être quotidien au-delà du simple critère esthétique.

L’accessibilité pour les familles vivant dans l’ouest lyonnais constitue un atout majeur : visites facilitées, participation aux événements familiaux simplifiée. Attention toutefois à la dépendance automobile : ces secteurs périurbains nécessitent généralement une voiture pour les courses ou sorties culturelles, limitant l’autonomie des résidents non-conducteurs.

La zone Sud, de Oullins à Pierre-Bénite, propose un équilibre urbain-nature particulièrement harmonieux. La proximité des bords du Rhône offre d’agréables espaces de promenade accessibles à pied, favorisant l’activité physique douce et le ressourcement. Le profil mixte de cette zone séduit une population diversifiée : classes moyennes, anciens employés, petits retraités recherchant un bon rapport qualité-prix sans sacrifier la qualité des prestations.

La desserte en transports vers le centre de Lyon reste excellente grâce aux lignes de tramway et bus à haut niveau de service. Cette connectivité permet de conserver un lien avec la métropole tout en bénéficiant d’un environnement moins dense et moins onéreux que le cœur d’agglomération. Les commerces de proximité, marchés hebdomadaires et services médicaux de premier recours jalonnent ces communes, garantissant une autonomie du quotidien.

La zone Est, couvrant Bron et Vénissieux, se caractérise par un développement récent des infrastructures seniors. La modernité des bâtiments se traduit par des normes d’accessibilité optimales, des équipements techniques de dernière génération (domotique, téléassistance évoluée) et des prestations énergétiques performantes réduisant les charges. La proximité immédiate des Hospices Civils de Lyon (HCL) constitue un argument sécurisant pour les familles anticipant une évolution des besoins médicaux.

Ce secteur convient particulièrement aux familles résidant dans l’Est lyonnais qui peuvent ainsi rendre visite régulièrement sans traverser l’agglomération. Le critère prix, souvent optimisé par rapport aux zones Ouest ou Nord, permet d’accéder à des prestations de qualité avec un budget maîtrisé. L’environnement urbain en transformation offre un dynamisme certain, même si l’ambiance reste moins établie que dans les quartiers historiques.

Cette vision géo-stratégique permet de dépasser le simple choix d’une adresse pour construire un projet de vie cohérent. La résidence ne se sélectionne pas isolément, mais s’inscrit dans un écosystème territorial qui facilitera ou compliquera le maintien du lien social, l’accessibilité familiale et la continuité des habitudes de vie. Pour approfondir cette réflexion décisionnelle en amont, il est recommandé de planifier sa retraite sereinement dès les premières années suivant l’arrêt d’activité professionnelle.

Orchestrer la transition du premier contact à l’installation sereine

Avec une résidence identifiée selon son profil et sa géographie, le défi devient d’orchestrer une transition réussie qui préserve l’autonomie décisionnelle du senior et minimise le choc du changement. Les contenus concurrents évoquent vaguement un processus d’admission administratif, sans jamais aborder la dimension psychologique et temporelle de cette étape de vie majeure. Pourtant, la qualité de cette transition détermine largement la satisfaction future et l’adaptation du résident.

La phase 1, débutant environ 90 jours avant l’installation, consiste à impliquer le senior dès le départ dans la réflexion. Cette participation active préserve son autonomie décisionnelle et réduit le sentiment d’abandon. Organisez plusieurs visites sans pression temporelle, idéalement à différents moments de la journée pour observer l’ambiance au petit-déjeuner, au déjeuner, en milieu d’après-midi. Chaque visite révèle des facettes complémentaires de la vie quotidienne.

C’est durant cette phase qu’il faut poser les questions contractuelles taboues que les directions préfèrent éviter. Demandez explicitement : « Quelles sont les conditions de sortie si mon parent souhaite finalement quitter la résidence après 6 mois ? », « Quel est l’historique des révisions tarifaires sur les 5 dernières années ? », « Quelle est votre politique de responsabilité en cas d’accident survenant dans les espaces communs ? ». Un établissement sérieux répondra avec transparence, un établissement médiocre éludera ou minimisera ces sujets.

La phase 2, 60 jours avant l’installation, correspond à la décision et à la réservation. Négociez impérativement une période d’essai, généralement 1 à 3 mois, permettant de valider le choix sans engagement définitif. Clarifiez méticuleusement les services inclus dans le forfait de base versus les options payantes : la restauration du soir est-elle comprise ? Le ménage hebdomadaire ? La blanchisserie ? Les animations ? Cette transparence évite les mauvaises surprises financières ultérieures.

Vérifiez également les assurances : l’établissement possède-t-il une assurance responsabilité civile couvrant les dommages causés aux résidents ? Votre assurance habitation personnelle doit-elle être maintenue ou adaptée ? Consultez le règlement intérieur en détail, en portant attention aux clauses sur les horaires de visite des familles, les animaux de compagnie autorisés ou non, les contraintes concernant l’ameublement personnel. Si possible, rencontrez quelques futurs voisins pour valider les affinités pressenties.

La phase 3, les 30 jours précédant l’emménagement, nécessite d’accompagner le deuil du logement actuel. Ce processus émotionnel ne doit pas être minimisé : quitter un domicile occupé parfois durant des décennies constitue une rupture identitaire majeure. Aidez à sélectionner les objets personnels à emporter en privilégiant les plus chargés affectivement : photographies, petit mobilier, linge de maison familier. Ces repères matériels facilitent l’appropriation du nouveau lieu.

Organisez une visite de pré-emménagement pour visualiser l’espace et anticiper l’agencement. Mesurez la chambre, photographiez-la, dessinez un plan pour optimiser le placement des meubles personnels. Cette projection concrète transforme l’abstraction anxiogène en projet maîtrisable. Informez également le médecin traitant du déménagement à venir : pourra-t-il continuer les visites à domicile dans la résidence ? Faut-il anticiper un changement de praticien ? Cette continuité du suivi médical rassure profondément.

Pour faciliter cette étape matérielle, vous pouvez consulter des ressources pratiques qui permettront de préparer votre emménagement avec tous les équipements adaptés.

La phase 4, du jour d’installation jusqu’à 30 jours après, exige une présence familiale renforcée. Les premières semaines déterminent l’ancrage social du nouveau résident. Visitez fréquemment, partagez plusieurs repas sur place, participez à quelques activités collectives pour faciliter les présentations. Cette médiation familiale accélère l’intégration et brise l’isolement initial.

Établissez des points de contact réguliers avec la direction durant ce premier mois : comment votre proche s’adapte-t-il ? Y a-t-il des difficultés observées ? Des ajustements sont-ils nécessaires concernant les repas, les horaires, les services ? Une résidence professionnelle assure ce suivi proactif plutôt que d’attendre que les problèmes s’aggravent. Encouragez également la construction des premiers liens sociaux : inscrivez votre parent à une ou deux activités correspondant à ses centres d’intérêt, facilitez les échanges avec les voisins de palier, identifiez quelques résidents au profil compatible pour amorcer des affinités.

À retenir

  • Les signaux de qualité invisibles (micro-interactions, zones non-scénarisées, questions imprévues) révèlent la vraie culture d’établissement mieux que les brochures commerciales
  • L’adéquation entre profil psycho-social du senior et culture de résidence détermine la satisfaction à long terme : actif social, indépendant urbain, contemplatif ou ancien cadre exigeant
  • Les quatre zones géographiques du Rhône correspondent à des écosystèmes de vie distincts : urbain connecté au nord, résidentiel calme à l’ouest, mixte au sud, pratique moderne à l’est
  • Une transition réussie s’orchestre en quatre phases sur 120 jours, du premier contact à l’installation, en préservant l’autonomie décisionnelle du senior et en accompagnant la dimension psychologique du changement
  • L’évolutivité des services sur 5 ans constitue un critère décisif souvent négligé : analyser dès maintenant les partenariats médicalisés et les clauses de sortie évite un second déracinement traumatisant

Anticiper l’évolution de vos besoins sur les 5 prochaines années

Au-delà de l’installation réussie, une décision véritablement éclairée intègre les scénarios d’évolution probable sur 5 ans pour éviter un second changement traumatisant si l’autonomie diminue. Aucun acteur du secteur n’aborde spontanément cette question pourtant déterminante : que se passe-t-il si l’état de santé se dégrade ? La résidence peut-elle accompagner cette évolution ou impose-t-elle un départ vers une structure médicalisée ?

Évaluer la trajectoire probable constitue le préalable indispensable. Un senior de 75 ans en bonne santé possède statistiquement une dizaine d’années d’autonomie devant lui. À 82 ans avec premiers signes de fragilité (troubles de l’équilibre, début de troubles cognitifs légers, fatigue chronique), l’horizon se raccourcit et les besoins évoluent rapidement. Projetez objectivement les besoins à horizon 3-5 ans : aide au lever et au coucher ? Prise de médicaments supervisée ? Surveillance nocturne ? Accompagnement aux toilettes ?

Cette projection ne relève pas du pessimisme morbide mais d’un réalisme protecteur. Elle permet de vérifier que la résidence choisie offre une gradation de services adaptée. Analyser l’offre évolutive de l’établissement devient alors essentiel. Propose-t-il des services d’aide à la personne graduables, activables à la demande sans changement de logement ? Dispose-t-il de partenariats formalisés avec des SSIAD (Services de Soins Infirmiers À Domicile) ou des EHPAD du même groupe garantissant une continuité de prise en charge ?

La question de la médicalisation sur place versus l’obligation de départ structure deux modèles radicalement différents. Certaines résidences services proposent une extension progressive vers des services médicalisés, transformant de fait la résidence classique en résidence services médicalisée. D’autres maintiennent une ligne stricte : dès que le GIR (niveau de dépendance) descend sous un certain seuil, le résident doit quitter l’établissement. Cette politique, parfaitement légale, génère pourtant un second déracinement traumatisant pour une personne déjà fragilisée.

Les clauses contractuelles déterminantes méritent une lecture particulièrement attentive. Demandez explicitement les conditions de résiliation en cas de départ vers une structure médicalisée : le préavis exigé est-il de 1, 2 ou 3 mois ? Le dépôt de garantie est-il intégralement récupérable ou soumis à conditions ? Existe-t-il un droit de priorité d’accès à un EHPAD partenaire en cas de perte d’autonomie, évitant la recherche précipitée d’une place disponible ?

Certains groupes proposent des parcours résidentiels au sein de leur portefeuille d’établissements : résidence autonomie, puis résidence services, puis EHPAD, avec garantie de transfert interne. Cette fluidité constitue un atout majeur pour les familles anticipant une dégradation probable. Vérifiez toutefois la proximité géographique de ces établissements partenaires : un EHPAD situé à 50 kilomètres compromet la continuité des visites familiales et la préservation du lien social.

Construire un scénario de sortie et un plan B dès l’entrée en résidence peut sembler contre-intuitif, mais relève de la prudence stratégique. Identifiez dès maintenant les structures médicalisées de qualité dans le secteur, visitez-les si possible, inscrivez-vous sur liste d’attente si le délai d’accès dépasse 6 mois. Cette anticipation évite les décisions précipitées et subies lorsque l’urgence s’impose.

Assurez-vous également que la résidence accompagne cette transition plutôt que de l’imposer brutalement. Un établissement humainement responsable prévient la famille dès les premiers signes de difficultés, laisse un temps d’adaptation raisonnable, aide à identifier les solutions de repli. Un établissement uniquement guidé par la rentabilité notifie l’obligation de départ par courrier recommandé avec préavis minimal.

Enfin, prévoyez financièrement une éventuelle double charge transitoire. Entre le moment où vous réservez une place en EHPAD (souvent avec caution et premier mois à payer) et la libération effective de la chambre en résidence services (après préavis), il peut exister une période de chevauchement financier de 1 à 2 mois. Cette provision budgétaire évite l’impréparation lors d’un moment déjà difficile émotionnellement.

Cette vision temporelle transforme le choix d’une résidence senior d’une décision ponctuelle en véritable stratégie de vie. Elle intègre la réalité du vieillissement sans déni, tout en optimisant la qualité de vie à chaque étape. Les critères invisibles révélés tout au long de ce guide – signaux terrain, compatibilité culturelle, évolutivité temporelle – constituent les fondations d’une décision éclairée qui préserve simultanément autonomie, dignité et sécurité du senior.

Questions fréquentes sur les résidences seniors dans le Rhône

Comment évaluer l’ambiance d’une résidence ?

Observez l’ambiance générale lors de plusieurs visites à différents moments de la journée, discutez librement avec les résidents présents, participez si possible à une journée portes ouvertes incluant un repas. Le cadre de vie, la diversité des activités spontanées et l’écoute authentique du personnel constituent de bons indicateurs de la qualité relationnelle réelle.

Quelle différence entre résidence services seniors et EHPAD ?

La résidence services seniors accueille des personnes autonomes ou semi-autonomes ne nécessitant pas de soins médicaux constants. Elle privilégie l’indépendance avec services à la carte. L’EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) propose une prise en charge médicalisée 24h/24 pour les seniors en perte d’autonomie importante nécessitant une surveillance et des soins quotidiens.

Quel budget prévoir pour une résidence senior dans le Rhône ?

Le budget mensuel varie généralement entre 1500€ et 3000€ selon la zone géographique, le standing de l’établissement et les services inclus. Les résidences en zone Est proposent souvent les tarifs les plus accessibles tandis que la zone Ouest pratique des prix plus élevés. Vérifiez systématiquement ce qui est inclus dans le forfait de base pour comparer des prestations équivalentes.

Peut-on garder son médecin traitant en résidence senior ?

Oui, contrairement aux EHPAD, les résidences services seniors permettent de conserver son médecin traitant habituel s’il accepte de se déplacer. Vérifiez toutefois la distance géographique et discutez-en avec votre praticien avant l’installation. Certaines résidences proposent également des médecins coordonnateurs facilitant le suivi sans obligation.